À mi-parcours de la loi européenne sur la restauration de la nature, des ONG de toute l’Europe ont examiné et évalué la mise en oeuvre de la « Nature Restoration Law » dans leur pays. C’est également le cas de natur&ëmwelt a.s.b.l. et du Mouvement écologique pour le Luxembourg.

L’analyse de l’état d’avancement des travaux sur le plan national de restauration (National Restoration Plan, NRP) luxembourgeois est décevante : en raison de retards et d’un manque de mise en oeuvre, le Luxembourg risque de perdre un temps précieux pour la restauration urgente des écosystèmes endommagés.

Luxembourg : des ambitions élevées, mais peu de mesures concrètes jusqu’à présent

Deux tiers des habitats naturels du pays sont dans un état de conservation défavorable ou mauvais, les zones humides et les prairies riches en espèces étant particulièrement touchées. Malgré les stratégies déployées et l’engagement de nombreux acteurs en faveur de la protection de la nature, la perte de biodiversité se poursuit. Les principales causes en sont l’agriculture intensive, la perte d’habitats due à l’imperméabilisation des sols et à l’urbanisation, ainsi que la pollution de l’environnement, notamment par les apports d’azote et l’utilisation de pesticides.

Dans le cadre de la loi sur la restauration, les États membres de l’UE sont tenus de présenter des plans nationaux de renaturation. Ces plans sont considérés comme les principaux instruments de la loi et doivent être présentés sous forme de projet avant le 1er septembre 2026, puis finalisés avant le 1er septembre 2027. Le calendrier est donc très serré, car il comprend la définition des habitats à restaurer en priorité, les mesures de protection, les sources de financement et les processus de mise en oeuvre (gouvernance). Le ministère de l’Environnement a annoncé son intention de maintenir les objectifs ambitieux du troisième Plan national concernant la protection de la nature (PNPN3) dans les plans nationaux de restauration. Cependant, comme le plan doit être soumis à la Commission européenne d’ici septembre 2026, et qu’aucun projet n’a encore été présenté, le calendrier pour la consultation et l’élaboration est extrêmement serré. Cela comporte des risques considérables pour la qualité scientifique, ainsi que pour une participation large et efficace du public et des acteurs concernés.

Les tendances actuelles à la déréglementation, au niveau européen et national, qui pourraient affaiblir les normes existantes en matière de protection de l’environnement et de la nature, sont également particulièrement préoccupantes. Dans ce contexte, il est essentiel que le plan national de restauration reprenne non seulement les ambitions du PNPN3, mais qu’il les garantisse également par des mesures claires, un financement suffisant, ainsi que par des mécanismes de mise en oeuvre et de suivi contraignants.

L’évaluation européenne réalisée par la coalition #RestoreNature montre que, si la mise en oeuvre de la loi européenne sur la renaturation a commencé dans de nombreux États membres, les progrès restent globalement insuffisants. Dans de nombreux pays, le soutien politique, les ressources humaines et le financement nécessaires font encore défaut. Il est désormais essentiel que les plans nationaux de restauration soient ambitieux, disposent de ressources suffisantes et soient mis en oeuvre de manière cohérente, car une mise en oeuvre timide ne permettrait pas d’exploiter pleinement le potentiel de cet instrument essentiel à la restauration de la nature en Europe.

Des attentes claires envers le gouvernement luxembourgeois

natur&ëmwelt a.s.b.l. et le Mouvement écologique demandent donc au gouvernement luxembourgeois

  • Présenter le premier projet du plan national de restauration dans les meilleurs
  • délais ;
  • Garantir une phase de participation transparente, scientifiquement fondée et
  • suffisamment longue ;
  • Conserver intégralement les objectifs ambitieux du PNPN3 dans le PNR ;
  • Mettre à disposition des ressources humaines et financières suffisantes pour
  • sa mise en oeuvre.
  • Protéger de manière cohérente les normes existantes en matière de
  • protection de l’environnement et de la nature ;

La loi européenne sur la renaturation offre une occasion historique d’inverser la perte de biodiversité et de renforcer la résilience de nos paysages. Le Luxembourg ne doit pas laisser passer cette chance en tergiversant et en manquant de détermination.

Vous trouverez plus d’informations sous le lien suivant : www.restorenature.eu/en/our-work-past-actions/towards-restoring-nature-in-europe

Une analyse détaillée de nos partenaires sur la situation actuelle en Europe et au Luxembourg :