Depuis 1967, des dizaines de milliers de personnes se rendent chaque année dans leurs zones humides locales pour participer au recensement international des oiseaux aquatiques (IWC). Des lacs gelés aux forêts tropicales de mangroves, bénévoles et experts participent à cette initiative scientifique citoyenne mondiale pour suivre l’état de santé des populations d’oiseaux aquatiques et des zones humides dont ils dépendent.

L’IWC est l’un des programmes de surveillance de la biodiversité les plus importants et les plus anciens au monde. Il fournit des données essentielles qui servent de base aux mesures de conservation de la nature et à la gestion durable des zones humides dans un contexte de mutations rapides.

La première coordination IWC a eu lieu dans le Paléarctique occidental, couvrant l’Europe, l’Afrique du Nord et l’Asie centrale et occidentale, et a été organisée par l’International Waterfowl Research Bureau (IWRB), l’un des prédécesseurs de Wetlands International. S’appuyant sur des enquêtes européennes antérieures, cette initiative s’est rapidement étendue grâce à un réseau croissant de bénévoles dévoués.

IWC et natur&ëmwelt

Au Luxembourg, le recensement a débuté en 2009. Aujourd’hui, 30 personnes participent aux recensements coordonnés par natur&ëmwelt. La Centrale ornithologique est chargée de coordonner les recensements, de conseiller et de diriger les recenseurs, ainsi que de collecter et de vérifier toutes les données.

Ce qui avait commencé comme une étude sur le déclin des populations d’espèces fréquemment chassées s’est rapidement transformé en un recensement complet de tous les oiseaux aquatiques vivant dans les zones humides. Ces relevés simultanés ont fourni les premiers « instantanés » fiables des populations hivernantes du nord, permettant d’identifier les sites critiques et de suivre les tendances à long terme.

Au cours des six dernières décennies, l’IWC a été mené dans 189 pays et territoires, recueillant des données provenant de plus de 67 000 sites et concernant plus de 1,9 milliard d’oiseaux aquatiques. Cet ensemble de données complet permet aux défenseurs de l’environnement d’identifier les changements réels des populations sur le long terme, au-delà des fluctuations à court terme.

Au Luxembourg, ces données constituent une source d’information importante pour le ministère de l’Environnement, notamment dans le cadre de ses obligations internationales, telles que la communication de rapports à l’UE conformément à la directive sur les oiseaux.

Pourquoi ces recensements sont-ils importants ?

Les données à long terme de l’IWC ont influencé d’importantes initiatives de conservation, comme la désignation de 1,5 million de km² (soit la superficie de la Mongolie) en tant que zones humides d’importance internationale dans le cadre de la Convention de Ramsar sur les zones humides. Le recensement a également permis de renforcer la coopération internationale en faveur de la protection des espèces migratrices qui relient les zones humides et les communautés sur des milliers de kilomètres.

Les données de la IWC ont démontré l’efficacité des mesures de protection : plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques protégées par des instruments tels que l’annexe I de la directive sur les oiseaux de l’Union européenne montrent en effet des signes de rétablissement. Cependant, le recensement a également révélé des pertes, notamment l’extinction du courlis à bec grêle, observé pour la dernière fois en 1995 par les recenseurs de la IWC au Maroc. Il a également mis en évidence des changements dans les schémas migratoires, de nombreux oiseaux hivernant aujourd’hui plus au nord qu’au cours des dernières décennies en raison du changement climatique.

Elle a également aidé des milliers de personnes à découvrir leurs zones humides locales et à travailler ensemble pour les protéger et les valoriser. Vous trouverez d’autres témoignages ici : iwc.wetlands.org/postcards .

Alors que l’IWC entame sa septième décennie d’existence, natur&ëmwelt, Wetlands International et leurs partenaires mondiaux restent déterminés à poursuivre cette collaboration pour les générations futures de comptabilisateurs et d’oiseaux.

Nous remercions les bénévoles et le ministère de l’Environnement pour leur soutien continu aux efforts de recensement. Vous pouvez vous joindre à eux en faisant un don pour soutenir notre travail : www.naturemweltasbl.lu/de/spende-machen-de/

Vous trouverez des informations complémentaires sur le recensement des oiseaux aquatiques en suivant les liens ci-dessous: